Les fêtes populaires ou culturelles
reflètent les idéologies et les aspirations d’une nation. Elles nous font
penser à la diversité culturelle, à l’assimilation, à l’imagination et au métissage.
Elles reflètent les activités les plus importantes de la collectivité, comme
celles que donnaient les indigènes à l’occasion des semailles et des
récoltes.
Certaines fêtes avaient lieu pour
inaugurer un édifice important pour la communauté : église, école ou mairie.
D’autres avaient lieu à des périodes spécifiques de l’année : elles
commémoraient des évènements significatifs, civiques ou religieux, ayant eu
lieu dans le passé, comme la commémoration de l’indépendance nationale, la
célébration d’un saint patron, d’une vierge ou d’une sainte. Au-delà d’un
simple moment de divertissement, ces fêtes apportent aux costariciens un
sentiment d’unité, de patriotisme partagé, sans distinction de classe
sociale, de religion, de sexe ou d’appartenance ethnique.
On peut y observer le métissage
culturel costaricien de multiples façons. Des orchestres et “cimarronas”
(ensembles musicaux composés de tambours, trompettes, cymbales, accordéons, trombones
et tuba) égayent l’atmosphère. On y improvise l’installation de “chinamos” ou
stands servant des plats traditionnels. On peut y voir des défilés à cheval
ou “topes”, conjuguant les traditions espagnoles à celle du “sabanero”
(gardien de troupeau dans une savane) ; des corridas au cours desquelles
le taureau n’est ni blessé ni tué : on ne fait que se moquer de
lui ; un défilé de charrettes avec des bœufs sur lesquelles peut figurer
l'image d'un saint, de femmes et d’enfants vêtus avec des costumes traditionnels,
des sacs de café ou des fleurs ; des défilés de grands masques colorés,
faits en papier mâché ou avec d’autres matériaux et des personnages montés
sur échasses comme le géant, le diable ou le “pisuicas”, la figure du crâne,
le « cadejos » (personnage populaire de la littérature
costaricienne), et le gendarme. Au cours de ces jeux, les participants ont
l'occasion de démontrer leurs habiletés, leur dextérité, leur courage et leur
audace.
Parmi les fêtes populaires qui
outrepassent le cercle communautaire, on trouve d'une part le carnaval de
Limón avec ses comparses qui défilent au rythme du calypso et du reggae. Cet
évènement a lieu la deuxième semaine d’octobre.
Et de l’autre, la fête religieuse la
plus importante de l'année : le pèlerinage du 2 août. Cette fête votive rend
hommage à la Vierge des Anges, appelée affectueusement « la Petite
Noire ». L’icône noire de la Vierge fut découverte par un indigène sur
une pierre, en 1635.
Le pèlerinage traditionnel mobilise
un million et demi de fidèles, jusqu'aux pieds de la Vierge des Anges. En
arrivant à la Basilique, on peut voir des cérémonies liées à la ferveur
religieuse catholique : certaines personnes remontent la nef de la Basilique
à genoux pour accomplir une promesse ou exprimer leurs remerciements en
échange d’une faveur reçue, d'autres prennent part aux processions, aux
messes, ou portent dans la main une offrande.
Il y a d’autres aspects que nous
pourrions plutôt considérer comme les conséquences de la mondialisation et
des avancées technologiques : la musique et les sons issus des
haut-parleurs et des transistors de quelques jeunes, la diffusion de
certaines de ces fêtes à la télé et l’affluence de touristes. La présence de
ces derniers permet de donner une visibilité à l’étranger de ces
caractéristiques autochtones, contribuant ainsi à légitimer une identité dans
le monde.
Les fêtes populaires, qu’elles soient
laïques ou religieuses, nous amènent à penser que de nombreux points de vue peuvent
coexister dans une même société, et chez une même personne. Elles insistent
pour nous rappeler que nous sommes aussi l'autre, le métis, l’hybride, le
mondialisé.
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