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Patrimoine Naturel et Culturel Intangible

 

Patrimoine Naturel

 

 

Quelques sites naturels du Costa Rica sont inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, ce sont des sites naturels d’exception: le Parc national de l’Ile de Coco (1997, 2002) et l’aire de conservation de Guanacaste (1999). Cette reconnaissance octroyée par l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) est une invitation à connaître ces espaces, à les parcourir, à s’en émerveiller. C’est aussi un appel à leur conservation.

 

 

Le Parc National de l’Ile de Coco (1997, 2002)

 

 

 

 

 

 

L’Ile de Coco se situe dans l’Océan Pacifique, à 532 km de la côte costaricienne, à mi-chemin entre le continent américain et les Iles Galapagos. Sa superficie est de 23,85km² plus précisément 7,6km de long et 44km de large, sa forme étant plus ou moins rectangulaire.

 

Cette île, de grande beauté et d’une impressionnante diversité biologique, peut être considérée comme un laboratoire pour mener des recherches sur l’évolution des espèces, la dynamique des écosystèmes de la planète et leur relation avec l’évolution de l’environnement marin et terrestre.

 

 

Catarata en Isla del Coco

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’île de Coco pourrait devenir une des 7 merveilles naturelles du monde. Le vote pour élire les nouvelles merveilles naturelles du monde a débuté en janvier 2008 et se déroulera jusqu’au 31 décembre de cette année sur la page de la fondation : New Seven Wonders. Les personnes du monde entier peuvent voter et choisir leurs 7 destinations favorites.

 

 

 

Considérant les exceptionnelles caractéristiques naturelles de ce territoire insulaire, le Gouvernement du Costa Rica créa en 1978 le Parc National de l’Ile de Coco, qui fut postérieurement déclaré Centre de l’Aire de Conservation Marine. Pour les mêmes raisons, en 1997, l’UNESCO l’a déclarée comme un site appartenant au Patrimoine Naturel de l’Humanité. De même, en 1998, il fut déclaré Sol Humide d’Importance Internationale par la Convention Internationale de Ramsar.

 

En 1995, dans le cadre des recherches sur un « Système d’aires maritimes protégées représentatives au niveau mondial », réalisées par l’Autorité du Parc Maritime d’Arrecife, la Grande Barrière de Corail (Australie), la Banque Mondiale et l’Union Mondiale pour la Nature (UICN), il a été décidé, dans la Région Maritime du Sud Est Pacifique, de donner la priorité à l’Ile de Coco pour l’obtention d’un soutien en vue de sa conservation.

 

Le 11 octobre 2002, le Gouvernement du Costa Rica a déclaré l’Ile de Coco Patrimoine Historique du Costa Rica.

 

Cette déclaration tient pour beaucoup à la qualité historique et culturelle du site, forgée à partir du XVIII siècle grâce au tourisme et à l’établissement de populations provenant du Costa Rica et de diverses contrées du monde.

 

Les inscriptions sur les rochers des baies Chatham et Wafer, ainsi que les autres vestiges culturels pouvant se trouver sur l’Ile, témoignent de l’histoire de ce site.

 

 

 

 

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Les Réserves de la cordillère de Talamanca (1983)

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Catarata Río Platanillal.
Foto Vladimir Jiménez

 

 

Les Réserves de la cordillère de Talamanca sont composées par deux aires de grande richesse biologique : le Parc National de Chirripó et le Parc National de la Amistad.

Le Parc Chirripó recouvre une partie des provinces de San José, Cartago et LimónLe climat nuageux et humide de cette forêt tropicale a favorisé le développement d’importants fleuves et d’une végétation constituée de chênes, de lauriers et autres arbustes. Certains animaux qui vivent dans ce parc sont en voie d’extinction : c’est le cas de l’aigle harpie, du quetzal, de la chouette, du puma, du « manigordo » et du tapir. . On y trouve le sommet le plus haut de la grande cordillère de Talamanca : le Cerro Chirripó Grande, culminant à 3819 mètres d’altitude. Il est très visité par les touristes, écologistes et ceux qui trouvent á son sommet une énergie particulière.

 

Lago Chirripo, Parque Nacional Chirripo, Costa Rica, foto tomada a finales del 2005

 

Le Parc National La Amistad Costa Rica-Panamá dispose d’une aire au sein du Costa Rica (193.929 ha) et d’une autre située en terres panaméennes (207.000 ha). Du côté costaricien, on trouve le second point culminant de la cordillère de Talamanca : le cerro Kamuk (3554 mètres). La forêt nuageuse et la végétation de ce dernier sont constituées d’arbres « poró », de cyprès « lorito », de cèdres « dulce », de chênes couverts de mousse, de fougères, de broméliacées et d’animaux très variés.

 

Aire de Conservation de Guanacaste (1999)

 Papagayo Gulf Beach - Golfo de Papagayo, Guanacaste

  

Crée en 1991 et déclarée Patrimoine de l’Humanité en 1999, cette aire de conservation inclue deux parcs nationaux : Santa Rosa et Guanacaste. Elle est située à l’extrémité nord est de la province de Guanacaste et s’étend sur un territoire de 120.000ha terrestres et 70.000ha maritimes. Cette zone de forêts sèches comprend des grands pâturages et des fleuves à fort débit comme le Tempisque. On y trouve aussi quelques 240 espèces d’arbres, parmi lesquels les immenses arbres de Guanacaste, des cocobolo, des acajous, des forêts d’arbres nains, des mangroves et même des volcans comme l’Orosí faisant 1446 mètres, de forme conique et dont la jupe est couverte de denses forêts. Sa faune est très riche et diversifiée : on y trouve des veaux, des iguanes, des coatis, des singes congos, colorés et à tête blanche, 300 espèces d’oiseaux et reptiles, et plus de 30000 espèces d’insectes, parmi lesquels 5000 papillons.

 

Le Parc Santa Rosa dispose de belles plages comme Naranjo, Nancite et Ostional. La plage Ostional, très étendue, et la plage Nancite, constituent les zones les plus importantes du Centre Pacifique pour la ponte des tortues marines lora (Lepidochelys olivacea). L’endroit où les tortues pondent habituellement leurs œufs, fait 900 mètres de large ; il est situé entre l’estuaire du fleuve Ostional, parallèle à la plage et une pointe rocheuse s’avançant dans la mer. De juillet à novembre, ont lieu les arrivées de tortues pendant la nuit, en lune croissante. Les tortues Baula (Dermochelys coriacea) pondent également sur cette plage ainsi que la tortue Verte du Pacifique (Chelonia agassizi). Ce parc a développé un programme placé sous la surveillance du Ministère de l’Environnement et de l’Energie et qui vise à contrôler le nombre d’œufs ramassés.

 

La Casona de Santa Rosa et ses cirques de pierre, datent de l’époque coloniale et constituèrent le champs de bataille du 20 mars contre les flibustiers, c’est ici que se joua la défense de la souveraineté nationale.

 

Patrimoine culturel et immatériel

 

 

La Convention pour la sauvegarde du patrimoine immatériel, ratifiée le 17 octobre 2003 au siège de l’UNESCO à Paris, a donné plus d’aplomb au concept de Patrimoine. Traditionnellement l’UNESCO déclare « patrimoine culturel » : des monuments, des œuvres architecturales, des sculptures, des peintures monumentales, des inscriptions, des grottes et des groupes d’éléments à caractère archéologique, ayant une valeur universelle exceptionnelle au regard de l’histoire, de l’art ou de la science, ainsi que des sites créés par la nature.

 

Cependant, à compter de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine immatériel, sont classées autant que « patrimoine culturel mondial » les formes d’expression populaire et traditionnelle : les langues, la littérature orale, la musique, la danse, les jeux, la mythologie, les rituels, les coutumes ou les techniques artisanales, ainsi que les espaces culturels, lieux concentrant des activités culturelles populaires et traditionnelles (sites où le public se réunit pour des lectures, où se célèbrent des rituels, places de marchés, festivals, etc…) ; et des espaces associés à un rythme temporel faisant qu’un acte déterminé se reproduise régulièrement (rituels quotidiens, processions annuelles, lectures orales). Ceci a permis au Costa Rica, au-delà des sites créés par la nature, comme l’île du Coco et l’Aire de conservation de Guanacaste, de figurer sur la Liste du Patrimoine Intangible, une tradition qui a couvert le territoire national pendant plusieurs siècles et qui est encore développée in vivo.

 

La tradition des bœufs et de la charrette

 

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En 2005, l’UNESCO a déclaré la tradition de la charrette, ou char à boeufs traditionnel du Costa Rica, « Chef d´oeuvre du Patrimoine Oral et Intangible de l´Humanité ».

Vers le milieu du XIXe siècle, la charrette ou char à boeufs a commencé a être utilisée pour acheminer le café, qui était produit dans les montagnes de la vallée Centrale, vers les côtes Pacifique et Atlantique. A l´époque, le voyage durait environ une quinzaine de jours. Pour avancer dans la boue sans s´enliser, la charrette était équipée de roues sans rayons, un mélange de disque aztèque et de roue à rayons, espagnole. Chaque charrette avait son propre “chant”, un carillon spécifique produit par un anneau métallique qui heurtait l´écrou du moyeu de la roue, quand le char cahotait sur la route. Cela permettait au propriétaire de l’exploitation agricole, d´entendre arriver ses ouvriers. Bien souvent, c’était le seul moyen de transport des familles et symbolisait leur statut social.

Lorsque la charrette est devenu un objet de fierté personnelle, un plus grand soin a été apporté à sa fabrication et les meilleurs bois ont été choisis pour obtenir le meilleur son possible.

La tradition qui consiste à peindre et à décorer les charrettes, remonte au début du vingtième siècle. Ceci est une des formes d´artisanat les plus réputées du Costa Rica.

A l´origine, chaque région du Costa Rica avait son propre motif. Il suffisait de regarder ce qui ornait les roues pour savoir d´où venait le conducteur. Au début du XXème siècle, des fleurs, des visages et même des paysages miniatures ont commencé à figurer à coté des étoiles. Des concours annuels ont été organisés pour récompenser les artistes les plus créatifs et ils ont encore lieu de nos jours.

Les charrettes multicolores et richement décorées d’aujourd’hui ressemblent peu aux véhicules d’origine, rectangulaires, avec un cadre de chaume et lourdement travaillés et couverts de cuir qui n’a pas été tanné. Dans la plupart des régions du Costa Rica, les camions et les trains ont supplanté la charrette comme principal moyen de transport de marchandises, sa signification a évolué : elle symbolise la vie rurale et figure aujourd’hui au premier rang lors des fêtes populaires, et lors du défilé du « Día del boyero » que l’on célèbre depuis 20 ans.

En convertissant la majorité des charrettes en moyen de transport obsolète, on a réduit la demande en charrette ainsi que le nombre d’artisans qui détiennent la technique pour les fabriquer et les décorer.

L’objectif du projet de sauvegarde est de contribuer à revitaliser et à préserver la tradition du bouvier et des charrettes au Costa Rica à l’aide de l’éducation et d’activités de sensibilisation, donner du pouvoir aux bouviers et aux organisations d’artisans et élaborer un inventaire des activités de recherche. Un réseau national va être créé pour sauvegarder et revitaliser la tradition, et des ateliers de formation seront mis en place sur la gestion culturelle et la gestion des ressources pour les membres des organisations de bouviers et artisans. Un inventaire numérique sera créé, contenant les diverses expressions de la tradition des charrettes ainsi qu’un manuel pratique décrivant les processus techniques et artistiques qui interviennent dans la fabrication et la décoration des charrettes. Un autre objectif consiste à donner de l’importance aux capacités des bouviers et organisations artisanales pour proposer et gérer les activités de sauvegarde actuelles et futures, ceci avec la coopération du gouvernement, de la société civile et du secteur privé. De plus, le plan propose de sensibiliser le public sur l’importance de la tradition.

 

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La tradición del boyeo y las carretas
© Carmen Murillo / Ministerio de Cultura, Juventud y Deportes

 

 

Le Bouvier

 

Les paysans costariciens, aux commandes de leurs charrettes y proches de leurs chers boeufs, exercent la profession de bouvier depuis des générations. Un métier appris depuis tout petit, au sein de la famille. Ce sont principalement les hommes qui ont hérité de la tradition, cependant, les femmes ont toujours participé et elles ont assumé ces dernières années un rôle important.

 

Pareil que pour les bouviers, les bœufs ont reçu depuis tout petits l’éducation, une tâche laborieuse qui requiert plusieurs années. Ils apprennent à lever la charge du joug et de la charrette, et leur tempérament est modelé pour être soumis aux instructions du bouvier.

 

Les stimulations du bâton et les ordres du maître, qui à force de « vivre ensemble » se transforment en câlins, confiance et obéissance, facilitent le travail. Le bâton permet d’établir une certaine hiérarchie, mais n’est pas utilisé pour agresser l’animal.

 

Labourer le champ ou faire tourner la meule. Transporter le bois, la canne à sucre, le maïs et les autres produits. Emmener le café jusqu’au port pour l’échanger contre du sel et des grains. Déplacer les malades, apporter les services de fret ou aller se promener. Voici ce qu’ont été les fonctions que le bouvier, les bœufs et la charrette ont eut au Costa Rica.

 

La Charrette

 

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Originaire d’Espagne, la charrette costaricienne est arrivé dans le pays au XVIe siècle et c’est actuellement le produit d’une série d’adaptations à la géographie locale.

La « cureña » était une sorte de charrette très fragile, faite de troncs, bouts de bois et de roseaux, utlisée par le transporteur de bois, avec une base triangulaire. Une autre version a été faite à Guanacaste, où la charrette était plutot utilisée sans peinture.

Dans le vallée Centrale, elle s’est affinée à des fins structurelles et ésthetiques, avec l’objectif de soulever la charge de café jusqu’au port ; ses diverses parties ont été modifiées pour obtenir une charrette plus forte et légère.

 

La roue a elle aussi subi des changements. Au début, elle était formée de rayons (baguettesv qui relient l’axe à cercle de la roue) en une seule pièce. Puis, on a introduit la roue en 3 parties de bois. Postérieurement,ce design a été amélioré, avec une réalisation de 16 cales, ajustées par un axe en fer.

 

L’appel du « chant de la charrette » est un son émit par sa corne et son axe. Ce son harmonieux spécifique à chaque charrette, distinguait le maître et alertait la population de sa venue. Il était tout aussi important que la décoration. Elle a aussi inspiré des écrivains et poètes au file du temps.

Au début du XXe, les couleurs sont devenues primordiales. Dessins et peintures ont donné vie au style décoratif. Caractéristique de la vallée Centrale, la peinture sur les charrettes s’est inspirée de l’environnement et a répondu à la nécessité de ressortir et d’exalter le véhicule qui a appuyé le développement du pays. Ce n’est que quand la charrette a été remplacée par d’autres moyens de transport, qu’on a eprouvé le besoin de la décorer.

 

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Cette charrette a été élaborée à Cartago, mais décorée à Sarchí. Dans les « points géodésiques » on peut contempler la grande variété de détails utilisée.

 

Cartago, Alajuela, Heredia et San José sont les provinces qui ont bercé cette tradition. Les artisans ont hérité de l’art de la fabrication des charrettes depuis des générations et ont donné un style particulier en les décorant selon leur région. Cependant, dans beaucoup de lieux, les changements technologiques ont causé la disparition de ces pratiques.

 

 

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